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Si vous avez une minute

#1 User is offline   Maïcool 

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Posted 25 March 2012 - 04:01 PM

Vous trouverez ci-dessous quelques histoires et anecdotes, quelques tranches de vie policière. Les miennes, celles de mes collègues, de mes amis.
Pourquoi cette envie de partagez ces moments ? Pour plusieurs raisons.
D'abord pour vous, futurs aspirants policiers, futurs policiers peut-être. Pour que vous sachiez (à peu prêt) dans quoi vous vous engager. Pour que vous ayez autre chose que Enquêtes, Navarro et NYPD Blue pour vous faire une idée du métier.
Pour les autres aussi, qui colportent un peu trop souvent qu'un Flic c'est répressif, alcoolo, facho et un peu demeuré.
Pour moi enfin. Je ne sais pas trop pourquoi mais j'ai envie d'écrire, de décrire ce qui fait le quotidien de quelques milliers de flics du royaume.
Je verrouille le topic. Parce que c'est le mien, que je suis admin et que je fais ce que je veux. Si ces quelques lignes vous inspirent des commentaires, soyez gentils, ouvrez un topic annexe.

edit : ici par exemple


Je ne me souviens plus très bien qui étaient les autres. Il y avait Jacques, c'est sûr. D'ailleurs, pour les histoire qui finissent mal, Jacques n'était jamais bien loin. Il y avait Eric aussi. Ambulancier de son état, rigolard et efficace. Un ou deux autres, pompiers sans doute.
Et nous voilà tous autour de lui. Lui qui avait cessé d'être lui. Faut dire qu'après avoir été percuté par une camionnette, il ne lui restait pas grand chose d'autre à faire que de rester là étendu, à attendre son corbillard.
Il fallait bien que quelqu'un se décide à fouiller ses poches pour savoir qui il avait été. Eric affiche son éternel sourire en coin, les pompiers s'en foutent et Jacques me gratifie de son regard qui veux dire "pas moi". Je suis le plus jeune et on ne va pas y passer la nuit. Me voilà donc enjambant le corps, un pied de chaque côté de ce qui lui reste de tête. Un portefeuille, une identité... on avance.
Je m'écarte ensuite et baisse les yeux. Un morceau de cervelle macule l'extrémité de ma bottine.
Vous avez déjà tenté d'enlever de la cervelle collée à votre chaussure ? Frotter le bout du pied dans l'herbe humide ne suffit pas. J'ai du attendre que le corps soit parti, que le véhicule ait été dépanné et que les pompiers hilares sortent la lance de 45 pour nettoyer la voirie, et mes godasses par la même occasion.
Je n'aurai pas voulu rentrer chez moi avec ça.
Les peurs, les pleurs, la misère, l'angoisse, la douleur,... on peut tout supporter. L'uniforme sert aussi à protéger contre ça celui qui le porte. Mais, au matin, déposer dans le hall mes chaussures couvertes de restes de cervelle, sous cette chambre dans laquelle dormaient encore mes enfants, à côté de cette cuisine où nous déjeunions... Alors j'ai demandé aux pompiers d'y aller. Bien sûr ils ne se sont pas privés d'y mettre le paquet, comme ça, mine de rien. Je suis rentré trempé.

This post has been edited by Maïcool: 07 January 2015 - 11:34 PM

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"La police exerce un rôle répressif : il entre dans ses attributions d'intervenir trop tard, quand le mal est fait, que le juste est déchu et le crime consommé." Guy-rené PLOUR
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#2 User is offline   Maïcool 

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Posted 25 March 2012 - 04:11 PM

Annexe d'hôpital psychiatrique.

Sa grosse tête de zinzin occupe tout l'écran. J'ai intentionnellement zappé les autres caméras.
Je ne le sens pas lui. Déjà qu'il n'est pas tout seul dans sa tête et que son regard me fout les glandes, en plus il se fout à poil et veut se pendre avec son pull sans ma permission.
Il enfonce plusieurs fois le bouton d'appel, comme nous au feu rouge, pour faire apparaitre plus vite le p'tit bonhomme vert. Lui, il attend un bonhomme en bleu duquel il espère une dose de morphine. Celui en bleu ne viendra pas plus vite que celui en vert. Comme s'il était brodé "pharmacien" sur mon pull, ou "docteur" !
Il a des circonstances atténuantes pourtant. Il le dit lui même : "j'ai des problèmes mentaux de handicapé". Tu m'étonnes.

Ce soir encore la cellule n° 2 sert d'annexe psychiatrique. Ce type distribuait joyeusement des coups de pieds dans le mobilier de la salle d'attente des urgences. Mobilier qui ne lui avait pourtant rien fait.
Quelle solution apporter à ce quidam ? L'hôpital n'en veut pas, sa mère n'en veut pas, et moi non plus je n'en veux pas. Mais moi, on ne me demande pas mon avis. La seule certitude est qu'il foutra le bordel dès que l'équipe aura tourné les talons. Alors la patrouille l'embarque. Gentiment, sans esclandre. Il terminera la nuit à l'annexe psy n° 2, demandant sans relâche de la morphine pour soigner des maux qu'il n'a pas. Me condamnant à observer du coin de l'œil sa poitrine velue et son gros bide, sur grand écran. Il est capable de se foutre en l'air. Dieu sait comment mais il en est capable.

Qu'auriez-vous fait vous, madame Michu ? C'est pas bien joli, n'est ce pas, de retenir les gens en cellule comme ça, sans leur consentement. Et avec un motif judiciaire des plus léger n'est ce pas (dégradations de trucs qui sont même pas cassés, c'est light).
La prochaine fois madame Michu, on vous l'emmène. Il pourra ainsi décorer vos murs avec le contenu de votre frigo, gober votre poisson rouge et écrire son nom avec sa merde sur la planche de vos WC. Il en est capable, aussi.
On le foutra dehors au matin, la crise passée.
Et il reviendra, bientôt.
Services sociaux ? Psychiatrie ? Armée du Salut ? Apprenez, madame Michu, qu'il existe des gens pour qui toutes les structures d'aides connues sont inefficaces, inadaptées, ou impuissantes. Il y en a plein des gens comme ça et le plus souvent, ils s'en foutent pas mal des structures d'aide. Ils veulent juste qu'on leur foute la paix. En oubliant un peu vite qu'ils devraient eux aussi foutre la paix au reste du monde. Tout juste assez sains que pour ne pas finir dans la pièce capitonnée avec la camisole mais toujours trop dingos que pour mener une existence paisible au milieu de leurs contemporains. Heureusement pour les braves gens, il reste la Police. Derniers recours contre les anormaux, les malfaisants et autres nuisibles. Dernière réponse avant un "je ne sais pas quoi faire" définitif.
De même les clodos bourrés, les étudiants bitus, les Jean-Jacques avinés. Cellule de dégrisement. Et après ?
Après on s'en fout : la Police a joué son rôle social : mettre ces gens là hors d'état de (se) nuire pendant une nuit. Qu'importe la Loi sur la répression de l'ivresse, qui condamne également celui qui fait boire, celui qui encourage. Qu'importe que ses victimes soit mineures (circonstances aggravante prévue dans cette Loi). Qu'importe leurs excuses penaudes, le lendemain (quand elles viennent) : ils recommenceront ce soir, ou demain.
Une autre solution ? y'en a pas, tout simplement.
Alors, madame Michu, la prochaine fois que vous verrez deux flics embarquer sans trop de ménagement un mec bourré, défoncé ou cinglé (ou une gonzesse dans le même état, y'a pas d'raison), passez votre chemin en remerciant les hommes en bleu : cette nuit encore ils vous mettent à l'abri de l'un ou l'autre emmerdement causé par cet ivrogne-camé-zinzin.
Quittez cet air réprobateur et vos bien-pensées de pacotille : vous êtes un peu plus en sécurité, point barre.
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#3 User is offline   Maïcool 

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Posted 25 March 2012 - 05:00 PM

Alexia

Le genre d'appel qui propulse en une fois une dose magistrale d'adrénaline dans les veines : une maman vient de découvrir le corps sans vie de sa fille de sept ans.
Comme ça. Sans prévenir, en plein milieu du briefing matinal. Tirlipinpon, lumières bleues et gaz à fonds, nous arrivons après l'ambulance (heureusement, dois-je dire très égoïstement), avant le SMUR.
Plus rien à faire, le corps est froid, dur. Posé à même le plancher d'une chambre de gosse avec nounours et dessins de princesses.
L'implacable procédure nous permet de ne pas tomber, de ne pas penser aux nôtres, de ne pas foutre le camp en courant. Il y a des choses à faire, à ne pas oublier. Des autorités à aviser, des photos à prendre, des renseignements à collecter.
L'air pèse 2000 tonnes au mètre carré, les cris de douleur des parents sont autant de poignards qui traversent l'espace de cette minuscule maison.
Il y a le frère de neuf ans à entendre et à rassurer, lui qui croit qu'un coup donné au cours d'une dispute, hier soir, aurait pu tuer sa sœur.
Il y a la descente du légiste, manipulant cendrillon endormie comme un morceau de bois, aussi extérieurement insensible qu'un tas de briques.
Et puis il y a cette demande des parents. La revoir avant qu'elle ne parte.
Un regard échangé avec mon collègue. Nous savons que le doc' l'a tournée et retournée dans son vomi, dans sa bave.
Alors nous demandons un instant. Nous trouvons une bassine et une éponge et nous nous retrouvons à faire la toilette d'une fillette morte, à genoux sur le plancher de sa chambre. Chose qu'on ne vous apprend pas a l'académie de police. Une chose que vous n'aviez jamais envisagé devoir faire lorsque vous avez choisi ce métier. Pourtant ça s'imposait.

Quand le cercueil provisoire est sorti, j'ai chialé. Comme ça, dans la rue, tournant le dos aux voisins.
Oh, juste deux gouttes, pas plus.
Pask'on est des hommes, merde.

Il n'y a pas de conclusion à cette histoire. Ou plutôt celle qui a été donnée n'est pas racontable. Pas maintenant. Pas avant la prescription.

This post has been edited by Maïcool: 26 March 2012 - 10:27 PM

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#4 User is offline   Maïcool 

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Posted 26 March 2012 - 10:00 PM

Roger

Roger est un artiste. Il est flic, d'accord, mais il pratique aussi un art rare et méconnu.
Roger est Grand maître de "foutage de gueule sans en avoir l'air, option blagues à la con". Il fait ça naturellement, depuis des années. Avec un aplomb et un sérieux qu'envierait un moine tibétain. Et je soupçonne fortement son père d'être à l'origine de ce don.

07h15, dimanche matin. Enquête de voisinage suite à un cambriolage que nous venons de constater.
Ding Dong. Un type aux yeux rouges entrebaille la porte. Peignoir et pantoufles, barbe d'hier et traces d'oreiller.

"Bonjour, vous avez demandé le réveil automatique par la Police à sept heure quart, il est sept heure quart" balance Roger.
Haussement de sourcil interloqué :
"euh... non j'ai rien d'mandé"
"27 rue Truc Machin ? ... nous avons une demande pour un réveil à sept heures quinze" enchaîne mon équipier.
Je dois me retourner et mordre la lèvre inférieure pour ne pas exploser. Car l'animal ne prévient pas, bien sûr. Il agit sans filet, à l'instinct.
Cette fois pourtant, il a avoué au citoyen tiré de son lit que c'était une blague, avant de révéler le véritable but de cette visite matinale. Après avoir joué avec ses pieds une bonne paire de minutes.
Mais il ne le fait pas toujours.

Un barrière seule et anonyme interdit l'accès à une petite rue d'une bourgade brabançonne. Et ça ne rate pas : l'inévitable badaud saute sur l'occasion de se renseigner, en la personne de ce fonctionnaire en bleu qui passe par hasard.
"Qu'est s'qui s'passe hien ?"
L'imprévisible Roger n'en sait rien. Mais il embraye, avec le même accent :
"Philippe et Mathilde hein... y vont passer à vélo ! Alors on bloque la rue, hein."
Ledit badaud pose donc ses coudes sur la barrière, pour attendre ce cortège princier et vélocypèdique qui ne viendra pas. Roger lui, a déjà tourné le coin de la rue, riant tout seul de sa bonne farce.

C'est lui aussi qui laisse le choix aux automobilistes, pour l'embout d'éthylotest: goût fraise, banane ou citron ?
Ceci avec l'air administratif de circonstance qui ne laisse d'autre choix que de répondre "euh... fraise ?", avant de souffler.
Il en fait d'autres aussi.
Plein d'autres... mais ne vendons pas la mèche.

Je vous souhaite des tonnes de patrouilles avec Roger, ou avec un de ses semblables.

This post has been edited by Maïcool: 26 March 2012 - 10:02 PM

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#5 User is offline   Maïcool 

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Posted 31 March 2012 - 02:56 PM

Le vagabond

L’histoire prend place un matin de printemps, dans une verte contrée encore frileusement blottie sous la brume de l‘aube, et qui n’attend que les premières lueurs du soleil pour s’étirer mollement sous les rayons bienfaiteurs. Pas de bol, ça se passe en Belgique, et le soleil ne se montrera pas avant encore deux mois. En attendant, gèle, paye ton mazout et garde le sourire : l’été sera pire !
Il pleut donc. Finement, insidieusement. On ne peut même pas appeler ça pleuvoir d’ailleurs… c’est plutôt l’humidité de l’air qui fait son jogging.
Une route asphaltée luit sous les gouttelettes. Il fait froid.
La tranquillité ambiante n’est troublée que par le doux frisottis de l’eau, sur le lac, et parfois par le cri narquois d’un col-vert, stupide bestiaux régalé par ce temps pourri.

Le long de la route, remontant doucement la côte qui quitte le village, chemine un homme. A petits pas, mesurés, comme s’ils devaient être suivis par des millions d’autres.
Cet homme est gris. Uniformément gris : pantalon, veste, visage, et cheveux. Même ses yeux sont gris, vidés de toute étincelle de couleur ou de vie,… absents.
En y regardant de plus prêt, le doute s’efface : il s’agit effectivement d’un SDF, d’un clochard, d’un va-nu-pieds. Et pas n’importe lequel messeigneurs : un vrai ! Avec baluchon gris comme le reste, poches trouées, estomac vide et tout et tout. Son sens du détail a même été jusqu’à ce bidon de lessive vide qui lui sert de gourde, lorsqu’il trouve une source, et qui pend à une ficelle, sur son épaule.
Un vagabond quoi, directement issu du Moyen Age (ou d’une usine du borinage, plus probablement).
Au loin, le bruit mélodieux d’un moteur diesel se fait entendre, fermant leur bec aux cols-verts.
Il arrive dans le dos de l’homme, qui ne se retourne pas.
Dans les yeux des deux hommes qui arrivent à bord de ce véhicule confortablement chauffé, l’ahuri au bord du chemin représente le Suspect, l’Etranger, le sale type. Forcément, c’est leur métier !
Et ça ne rate pas :
-Bonjour monsieur, Police, ‘opapiersiouplai !

Toujours pas une étincelle dans les yeux de l’homme, qui dépose son barda à même la rosée et qui tend à l’agent une carte usée, sale, déchirée. Il n’y a plus guère de ressemblance entre la photo du jeune homme, sur la carte, et le débris d’être humain qui se tient devant eux.
Le dispatching crache sa réponse à la radio « inconnu ». Personne donc ne le recherche: ni les autorités judicaires, ni sa famille. Personne (si ce n’est, sûrement, un huissier quelconque, aux confins du pays).

Une ébauche de conversation s’engage, encore soupçonneuse de la part des pandores. Il apprend qu’il a dormi dans un grange, qu’il n’a plus de famille et qu’il parcourt le pays, sans but réel. Qu’il a fait des conneries aussi, « mais c’était il y a longtemps, hein m’sieur l’agent ». Il ne veut pas d’aide, refuse la cigarette tendue, ne veut pas être déposé dans une gare ni autre part.
Les policiers s’éloignent, prêts à remonter dans ce combi bien chauffé. Mais le regard du convoyeur s’attarde sur les chaussures du vagabond. Elles sont à son image : fines, sales, trouées. Il ne porte pas de chaussettes. Un orteil pointe.
« On n’est pas des sauvages quand même » pense le digne représentant de la Loi et de l‘Ordre. « Combien chaussez vous ? « 42 » répond l’homme. Et ce policier propose à l’homme de les accompagner vers son propre domicile, à quelques kilomètres. Il y a là une paire de bottines quasi neuves, portées deux ou trois semaines, à l’instruction. De solides bottines militaires, épaisses et résistantes. Le policier pense y glisser une grosse paire de chaussettes en laine, chaudes et confortables.
A cet instant, les yeux de l’homme s’allument. Elle y est, maintenant, cette petite étincelle de couleur qu’on n’y espérait plus !
L’homme ne veut pas déranger, s’excuse (quel comble !) remercie d’avance, monte à l’arrière du combi : l’affaire est entendue .
Mais subitement, sans aucune raison apparente, l’homme se désiste. Il refuse, veut sortir, ne veut pas d’ennuis. « Vous êtes sûr ?, c’est de bon coeur ». Mais l’homme ne veut pas. Il remercie encore mais semble pressé, remonte son baluchon sur l’épaule, attrape son bidon en plastique et reprend son chemin. Avec un signe de la main, quand même. Mais ses yeux sont redevenus gris.

Je n’ai jamais compris ce qui a empêché cet homme d’accepter mes chaussures. Peut être avait-il peur qu’on l’accuse de les avoir volées. Ou pensait il à un piège pour l’emmener en gaïolle ?
Je ne sais pas. Je continue pourtant à me demander quel système merdeux et pourri peut laminer ainsi un homme, au point qu’il refuse toute main tendue.

J’ai vieilli ce jour là …
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#6 User is offline   Maïcool 

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Posted 21 April 2012 - 09:42 PM

Emile

Emile était rentré à la Gendarmerie du temps de leur splendeur à tous les deux.
D'abord cavalier, il avait quitté cette arme pour une brigade perdue car il aimait trop les chevaux.
Il y a exercé avec une minutie et une conscience professionnelle remarquable, restant opérationnel sur le terrain jusqu'à quelques mois avant sa retraite, sans nostalgie de la bande orange, avec seulement l'envie de faire bien son métier.

J'ai oublié le motif bénin qui nous avait emmené à l'adresse. Toujours est-il que nous nous sommes retrouvés dans ce bel appartement occupé par un couple avec enfants. Et tandis que je prodiguais je ne sais quels conseils d'usage à ce couple, notre bon Emile a chaussé ses lunettes à fine monture et s'est approché du gamin qui peinait visiblement à la table du salon. Il s'est penché sur le cahier ouvert, à fait courir son vieil index sur les lignes à peines écrites et a corrigé les erreurs du gamin.
Multiplications, preuve par neuf ou problème de robinet, je ne sais plus.
Emile faisait les devoirs, avec l'air du vénérable instituteur des livres de Daudet (comme lui d'ailleurs, Emile savait retourner un calotte à un insolent)
Les parents en sont restés pantois, bien loin d'imaginer que la police pouvait aussi servir à ça.

Je me permets d'imaginer que le gamin se souviendra longtemps du jour ou un vieux policier s'est penché sur son épaule pour lui expliquer l'arithmétique. J'espère qu'il garde une pensée émue pour Emile,... comme moi.

This post has been edited by Maïcool: 23 April 2012 - 12:53 AM

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Posted 18 May 2012 - 11:11 PM

Jacques

Porte poisse, chat noir, loque noire... peu importe comment on l'appelle : chaque commissariat à le sien.
Le collègue pour qui chaque "personne ne donnant plus signe de vie" se transforme en cadavre, pour qui un ADM (1) annoncé devient un mortel et un différend familial une tentative de meurtre.
Jacques est de ceux-là, poissard comme pas deux. D'ailleurs, l'adage le dit: "tu travaille avec Jacques ? Préviens ta femme, tu ne finiras pas à l'heure !"
Ca l'amusait le Jacques ! Motivé comme un boudin magique qu'il était. Maudit autant par ses collègues que par les magistrats, qui avaient appris à le connaître.

Pour vous dire, Jacques fut un jour appelé sur un banal accident. Refus de priorité, bing-bang-patatras, un blessé et donc une ambulance, un SMUR. Et puis avec le bordel que ça fout, tous ces feux bleus au bord de la route, il y a ce papy-chapeau qui n'a rien vu et qui embouti un des véhicules, pourtant déjà suffisamment abimé. Deuxième ambulance pour papy.
Et ensuite ce cycliste, qui a mis pied à terre pour admirer le spectacle. Et cette guêpe malicieuse qui lui fout son dard dans le cou... allergique aux piqures d'insectes le curieux : troisième ambulance.
C'est Jacques encore qui comptabilise neuf macchabées sur un an, alors que la moyenne par collègue est à deux. C'est avec lui que j'ai constaté le seul meurtre de ma carrière, sans mentionner les nombreux suicides et autres morts naturelles. Avec Jacques, chaque histoire simple d'apparence se transformait presqu'immanquablement en imbroglio quasiment impossible à résumer dans un PV.
Allez donc racontez ça à votre conjoint quand vous rentrez avec sept heures de retard. Elle (il) croira que vous êtes allé faire la bringue après le boulot. Vous aurez beau lui dire : "mais c'est Jacques, tu sais bien..."

En dehors de sa poisse légendaire, Jacques est aussi connu pour son coeur d'or et sa bonté infinie. C'est lui qui arrêtait le combi au milieu des campagnes, un matin d'été vers 05.00 hrs, pour admirer le lever du soleil et écouter le chant des oiseaux. C'est lui qui connaissait les coins d'où on pouvait voir cinq clochers à la fois, ceux où on voyait passer des renards. C'est lui qui offrait des gaufres aux détenus, ou son aide à un collègue désargenté.
Il lui reste maintenant quelques années à tirer. Il s'est mis en "pré-retraite" au quartier, problèmes de santé obligent. Même si ce fut dur, même s'il a du s'acclimater.
Mais si un jour je dois refaire des patrouilles, je voudrai que ce soit avec toi, Jacques. Car tu m'as offert quelques unes des plus belles heures de ma vie, ... et tu connais ton métier.


(1) Accident dégâts matériels
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Posted 19 May 2012 - 12:19 AM

Flinguage

Vous en rêvez n'est-ce pas ? Même si on ne s'engage pas dans la Police pour en faire usage, l'arme titille l'imaginaire, alimente les phantasmes et fait vibrer les glandes oestrogènes de celui qui la porte. Dites le contraire et vous êtes un menteur.

Ma première sortie armée, je m'en souviens comme si c'était hier... en 1998.
Monsieur Maïcool, vous avez été désigné par le conseil communal comme agent de police stagiaire et avez dés à présent le droit et le devoir de porter un étui réglementairement rempli par un revolver Smith&Wesson 38 Spécial chromé, garni de ses six rutillantes cartouches du même calibre, que vous accompagnerez avec un bâton de police rigide de 60 cm
Putain, c'que j'étais fier ! tout ça pour aller chasser une biche dangereusement égarée sur la voie rapide...
Me souviens avoir été passablement emmerdé par cette matraque qui valdinguait entre mes genoux pendant la course... question d'habitude.
Il y eu d'autres sorties avec monsieur Smith et même s'il sortit de son étui quelques fois, il n'aboya jamais qu'au stand de tir.
Et puis on me dota d'un FN GP 9 mm, dont je ne fis usage également qu'à l'entrainement. Il traîne maintenant dans ma garde robe, démonté en trois parties, parce que j'ai quatre enfants.

Avec le GLOCK 17 qui lui succéda, j'ai découvert le plaisir du tir : léger, maniable, précis... un amour de flingue.
C'est lui qui est sorti de sa gaine, une nuit de juin, pour menacer un voleur surpris en plein ouvrage. Et ce même voleur, peu friand d'incarcération, qui passe la premiere et fonce sur Eric, qui vient de descendre du combi, face à lui.
PAN ! GLOCK 17 vient d'aboyer dans la nuit, vers la voiture.
PAN ! son cousin vient de lui faire écho, dans la main d'Eric.
Poursuite, feux bleus et tirlipinpon, monsieur Voleur n'ira pas loin. Faut dire qu'on oppose une Mercedes 240 cv à sa Golf pourrie. Il choisit donc bien vite le crash dans les champs et la fuite à pied.
PAN ! Vincent l'a rattrapé (*) et s'est senti menacé par un soudain volte face... et une balle dans l'cul pour monsieur Voleur.
Plaquages, menottes... monsieur Voleur ira quand même en prison (après l'hôpital).
Voleur se plaint qu'il a mal, qu'il a pris une balle.
Vince et moi on se regarde, il est livide... il réalise qu'il vient de tirer sur un mec, et qu'il l'a touché...

Ambulance, OPJ, Procureur du Roi, Chef de Zone, Juge d'instruction, PJF, expert balistique et tout le saint tremblement.
Nos trois tirs étaient justifiés et ont été considérés comme tels. Le mien dans le siège passager, celui d'Eric dans le haillon arrière et celui de Vincent dans la fesse gauche de Voleur. Pas de poursuites à notre encontre.
Mais il reste que nous avons tiré sur un mec, avec l'intention de le buter. Chose que vous ne pouvez pas appréhender lorsqu'on vous remet monsieur Smith, 13 ans auparavant.
Eric, Vincent et moi le vivons bien.
Mais une fois m'a suffit.




(*) mon chauffeur cette nuit là, qui court plus vite que moi... pas'que je fume décidément trop.

This post has been edited by Maïcool: 19 May 2012 - 12:22 AM

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Posted 07 June 2012 - 02:33 PM

Déjà postée, mais je la remets ici, pour qu'elle soit avec les autres.


Chaude soirée d'été, un week-end comme les autres, en "province".
Un dépressif noie son spleen dans la bière et le vin, errant de pub en bistrot et de bar en troquet.
Lassé sans doute par l'indifférence des clientes à ses plaisanteries douteuses, et vexé certainement d'avoir pris sur sa gueule par quelque brute importunée, il disparaît, rentre chez lui, se muni d'outils propres à ses desseins et redescend sur la ville à bord de sa pétaradante 'tomobile. Un Berreta 92F sur les genoux, un calibre 12 sur le siège passager.
Les témoins affolés informent le 101 de la chose.
Nous sommes sur place en 3 minutes, arrivée phares éteints et sous silence radio. Le véhicule nous est désigné par un passant livide et bégayant. Progression à pied, à couvert, jusqu'à me porter à hauteur de la portière gauche. Et là, je distingue vaguement la tête du bonhomme. Injonctions hurlées à pleins poumons, sans réaction adverse. Ma main non armée est sur la poignée. En un instant, je me rends compte que je ne vois pas ses mains car la vitre reflète la lumière de l'éclairage publique. Ma tête s'enfonce dans mes épaules, mes fesses se rejoignent pour presque ne former qu'une et j'actionne la poignée. Fermé ! Retraite immédiate vers l'arrière et contournement stratégique, tandis que le véhicule démarre à allure très réduite. Retentative à droite, en notant du coin de l'oeuil que mon collègue s'est déplacé face au véhicule, Uzi braqué sur l'habitacle. La portière s'ouvre, en même temps que l'autre que je croyais fermée deux secondes auparavant. C'est un IPP arrivé en renfort derrière nous, que je n'avais même pas remarqué (effet tunnel oblige). L'ahuri derrière le volant, surpris, se tourne vers sa gauche. Ce faisant, le pistolet qu'il tient dans la main droite pivote inexorablement vers la tête avenante (mais néanmoins peu résistante au 9mm) de mon chef bien aimé. Mon ami Glock 17, entré juste avant moi dans l'habitacle, se trouve alors à quelques cm de la caboche dudit quidam... tirer? pas tirer?...
Après un de ces millionième de seconde qui dure une éternité, la décision est venue d'elle même: mon (vénéré) chef a plongé sur le type, j'en ai fait de même et quelques "mic et mac et boum" plus tard, le zozo était menotté.

Intervention totalement suicidaire, en contravention flagrante avec une foule de règles établies... je sais... Et pourtant, tout s'est fait "naturellement", à l'instinct, et à l'aide d'une chance inouïe. Pourtant, il n'y avait pour nous (intervenants) pas d'autre bonne manière de faire, et cela n'a pas du prendre plus d'une trentaine de secondes.
Depuis, je ne me permets absolument plus de juger la manière d'intervenir de qui que ce soit.

En épilogue, nous avons reçu un peu plus tard une lettre d'excuses du bonhomme, qui se terminait par ces mots: "merci de m'avoir laissé en vie"
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"La police exerce un rôle répressif : il entre dans ses attributions d'intervenir trop tard, quand le mal est fait, que le juste est déchu et le crime consommé." Guy-rené PLOUR
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#10 User is offline   Maïcool 

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Posted 15 June 2012 - 09:24 AM

Yves

Bien qu'à peine plus âgé que moi, Yves est un peu notre père à tous. Caractère d'ours mal lêché saupoudré parfois d'une bonne dose de mauvaise foi, sa phrase fétiche était, et est encore sans doute, "VOUS ME FAITES CHIER !". Mais passé cette incoutournable démonstration de mauvaise humeur, ce préambule indispensable, il se pliait en quatre pour solutionner le problème.
Et revenait vous trouver, sur la pointe des pieds, ayant réglé votre soucis de congés, votre demande de changement d'horaire ou ce casse tête de procédure pour votre foutu PV en retard. Il terminait invariablement en disant "tu me sers un café ?", voulant sans doute montrer par là qu'il restait le chef.
Il a toujours reçu son café.

Il faisait son compte de patrouilles aussi, comme les autres.

Nous avons un jour été appelés pour un différend familial comme tant d'autres. Conjoint réfugié chez un voisin, lequel forme le 101 parce que des coups ont été donnés.

Sur place, nous sommes mis en présence du requérant, comme dit la formule consacrée : un petit bonhomme tout gris, octogénaire ou presque, renfrogné, déçu que nous ayons été appelés. Il consent, un peu honteux, à nous expliquer que son épouse lui a distribué des coups de canne car il avait trop traîné à revenir de l'épicerie avec le lait...

Nous allons donc à la rencontre de l'épouse, autant effarés que curieux de découvrir ce dragon.

Si elle a le même âge, elle est d'un autre tonneau ! 120 kilos de vieille fermière acâriatre, munie d'une canne et qui vous scrute avec ses vilains petits yeux noirs, y'a de quoi vous foutre les jetons... Mais elle est d'une génération où on respecte encore "les gendarmes" (firme ayant pourtant fait faillite X années auparavant) et nous n'aurons donc pas de coups de bâton.

Elle avoue, la bougresse : bien sûr qu'elle lui a tapé dessus, à ce vieux fainéant ! Il n'a pas débarrassé la table, et elle a du attendre pour son lait !

Elle se victimise aussi, signale également avoir reçu des coups. Mais le comble de l'horreur, c'est qu'elle veut nous montrer. Et sa vieille robe à fleurs remonte inexorablement sur ses cuisses ravagées par les varices. Elle l'a remontée jusqu'au nombril paraît-il. Mais je n'en ai rien vu. J'avais déjà battu en retraite vers le jardin, où le rire m'a terrassé pendant de longues minutes. Yves a su rester à peu prêt stoïque jusqu'à ce qu'il me rejoigne, et nous avons ri ensemble sur la pelouse. La vieille elle, continuait sa diatribe toute seule, n'ayant même pas remarqué notre fuite.

Leur problème étant incontestablement plus social que judiciaire, nous avons attendu le médecin de famille et appelé le CPAS local. Ils ont été placés quelque temps après, sans se douter qu'ils figurent parmis les histoires qu'on se remémore avec délectation, des années plus tard.

D'ailleurs, quand je revois Yves, il suffit que l'un de nous dise : "tu te souviens de la vieille ?"... et nous en rions encore.

This post has been edited by Maïcool: 15 June 2012 - 09:45 AM

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#11 User is offline   Maïcool 

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Posted 15 June 2012 - 10:26 AM

Erreurs

On en fait tous, moi comme les autres.

Ma plus fréquente était de noter une plaque au vol, avec l'heure de l'infraction, le type de véhicule, l'endroit. Le lendemain, ou quelques jours plus tard, au moment de rédiger le PV, plus moyen de me souvenir de l'infraction commise... mais qu'est ce qu'il avait bien pu faire, celui-là, pour que je note sa plaque ?

Combien d'automobilistes ont ainsi échappé à l'amende par ma distraction ? Bonne question...

Un peu moins drôle, c'est ce coup de fil un beau matin. J'avais constaté la veille l'accident de son mari. Seul en cause, pas bourré, documents en ordre... malgré l'importance des blessures, un cas simple et vite réglé.
Cependant, madame aurait bien voulu être avisée par mes soins que son époux était aux soins intensifs, et pas par un voisin, des heures plus tard, presque par hasard.

Gloups. L'avis à la famille. Ni mon collègue ni moi n'avions pensé à prévenir la famille. Chose élémentaire et qui ne m'était jamais arrivée... j'ai connu, au bout du fil, le pire moment de honte de ma carrière (enfin non, y'en a un autre, mais je ne vous le raconterai pas). Madame était bien embêtée mais ne nous en voulait pourtant pas. Elle souhaitait juste nous en avertir, pour que ça n'arrive plus à d'autres... merci madame.

Une autre fois, un autre accident, de nuit. l'équipe sur place constate une collision piéton contre voiture, sur une portion de nationale isolée et dépourvue d'éclairage public. Nos collègues demandent du renfort pour la circulation car selon leurs propres termes, "c'est le bordel". Ils précisent par radio que plusieurs véhicules sont stationnés n'importe comment alentour.

Sur place, je fais évacuer les badauds qui n'ont rien à y foutre et invite les témoins à se garer tous du même côté :

- C'est votre voiture monsieur ?

- Non celle de mon papa.

- Mais vous pouvez la conduire, non ?

- Oui.

- Alors mettez la de l'autre côté s'il vous plait.

Très satisfait d'avoir réglé ça en deux coups de cuillère à pot, je me dirige vers mes collègues. Qui m'apprennent que monsieur untel, parti en ambulance à destination de tel hopital, marchait seul sur la chaussée et s'est fait renverser par cette.... mais elle est où la voiture ?

Bordel. Je venais de faire déplacer le véhicule en cause, sans remarquer le magnifique impact d'une tête au milieu du pare-brise.

Le magistrat a apprécié modérément et les collègues se sont foutu de ma gueule pendant des semaines... mais c'est de bonne guerre.

This post has been edited by Maïcool: 15 June 2012 - 08:30 PM

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#12 User is offline   Maïcool 

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Posted 16 April 2013 - 12:12 PM

Up à la demande de certains fans B)
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